29 octobre 1981

J019 - Bus pour le Ladakh : Kargil - Leh

Partir tôt pour arriver tôt, voilà une raison suffisante pour un réveil à 4h du matin dans une ambiance frigorifiante. Les thés sont avalés encore brûlants et il faut frapper la semelle en attendant le départ du bus.

Mulbeck est passé dans une quasi somnolence, ainsi que le Namika La (3700 m) et le Fotu La (4091 m) dont aucune ascension vertigineuse n’a précédé le franchissement.


Entre Mulbekh et Lamayuru, route Srinagar-Leh, Ladakh

Au détour d’un lacet, le regard tombe au fond de la vallée sur Lamayuru, coincé dans les rochers. C’est notre premier monastère, le plus vieux, au nom évocateur d’un lointain Tibet. Il est superbe.

La suite est tout aussi surprenante : les rochers (où est-ce du sable) se sont cristallisés dans le lit de la rivière en reproduisant la forme d’une mer mouvementée, véritables vagues minérales.


Gata loops, route Srinagar-Leh, Ladakh


Khalatse : premiers chortens

Khalsi (Khalatse) est un petit village, suffisamment verdoyant pour reproduire le même contraste qu’une oasis dans le désert.
Le menu, rice and vegetable, a toujours le même intérêt, mais le cadre lui vaut le déplacement. 


Monastère à Khalatse, route Srinagar-Leh, Ladakh

Khalatse, route Srinagar-Leh, Ladakh

Nos premiers chortens se trouvent à l’entrée du village, le soleil de midi délasse des crispations nocturnes et matinales, le curry réchauffe et la paroi rocheuse qui nous fait face transporte d’enthousiasme. Que ça doit être bien de là-haut !



Nos premiers chortens, route Srinagar-LehKhalatse, Ladakh

La route jusqu’à Leh est ensuite moins variée, mais reste très belle lorsque la rivière aux eaux pures s’inscrit dans la roche ocre tel un ruban bleu-vert intense.


Enfin à Leh !

A Leh, après une information rapide au Tourism Office, nous optons pour le Old Ladakhi Guest House dans l’espoir d’obtenir une des chambres vitrées qui donnent sur la vallée. Malgré notre déception, nous emménageons dans l’attente d’un déménagement prochain, assez impatients de grimper la colline dont le vieux palace profite pour dominer le bourg.

Les rues n’existent pas, ni même les ruelles. Pour monter, il faut opter entre divers chemins qui serpentent le long des murs de boue séchée. Tantôt la terre laisse place à du rocher qu’il convient d'escalader comme si l’on était en pleine montagne. Des hommes et des femmes passent ainsi, chargés souvent d’un lourd jerrican plein d’eau.

Nous atteignons le vieux palais, l’impression est extraordinaire, le dépaysement singulier face à tant de symboles d’une civilisation que nous méconnaissons.
Sur un des versants est de la montagne qui supporte le grand palais, un visage a été peint, de couleur or, et ses yeux contemplent sans ciller le village qui repose en contrebas.
Toutes les constructions sont rustiques et précaires.
L’aspect artisanal des productions locales donne même à un cadenas, vieux d’une cinquantaine d’année, un aspect d’antiquité. La porte du vieux palais et le portique qui l’encadre sont d’un bois qui, au toucher, transmet à l’âme l’énergie nécessaire au fonctionnement de notre imagination.

En équilibre sur de vastes plaques rocheuses inclinées, se faufilant entre des chortens décrépis et parfois restaurés de couleurs vives, la descente de la colline vers la ville prend un caractère des plus pittoresques. Les chemins, après s’être insinués le long des murs d’habitation, passent carrément à l’intérieur des maisons. Dans ces étroits passages, sombres et à l’intérieur desquels règnent une humidité et une odeur peu saines, il faut évoluer courbé en deux, guidé par la faible lumière qui se précise lorsque la sortie s’encadre à la fin du boyau.
Toutes ces maisons, construites sans concertation et de façon rustique, contribuent à créer un décor incliné et d'aspect moyenâgeux, à l’intérieur duquel la population ladakhi évolue avec un naturel de rigueur.

Hommes et femmes sont vêtus d’un grand manteau de feutre de couleur pourpre et ceints d’un tissu de couleur vive. Trois boutons dorés, un à l’épaule et deux autres le long du torse, ferment cette pièce vestimentaire rudimentaire.
Les femmes sont coiffées d’un chapeau typique en velours dont les côtés remontent en deux petites cornes qui le distinguent d’un haut-de-forme classique. Leur visage est brun, tanné par le soleil, le froid, et leur sourire est tout à la fois rude et beau. Les colliers qu’elles portent, mélange de turquoises et de corail ternis par les ans, ainsi que leurs boucles d’oreille, ajoutent à leur dignité et soulignent leur appartenance à un peuple et une histoire.
Les hommes se distinguent des femmes par leur unique natte, car eux aussi, surtout les vieux, portent chapeaux et boucles d’oreilles censées les prémunir d’une réincarnation dans la peau d’un âne. Aux pieds, recourbées elles aussi, ces bottes traditionnelles, brodées et colorées.
Les enfants ont les joues rebondies, rougies par le froid, et lorsqu’ils glissent et tombent, ils se relèvent en riant.

Une des spécialités tibétaines est le momos, sorte de gros et épais gnocchi blanc et cru que le Dreamland Restaurant, point de rencontre des quelques européens encore en ville, fait précéder d’une soupe et accompagne de légumes cuits et découpés en petits morceaux.

_____________________La carte de la journée_____________________

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